miércoles, 19 de septiembre de 2007

Doux Jesus

Par Camille Gobart

J’ai cherché en vain une quelconque sépulture qui eut honoré la mémoire de mon père, après le meurtre. Non qu’il m’importât qu’il retournât à la terre avec les honneurs ou que le rongeassent les charognes dans un fossé de bord de route – après tout, le corps n’est qu’un déchet une fois lesté par l’âme, et celle-ci n’a que faire de ce qu’il en advient ensuite, comme l’oiseau qui ne se soucie guère de sa cage quand il l’a quittée pour ne pas y revenir – mais cela m’eut permis d’éclaircir un tant soit peu le mystère de son identité.
Les gens de la région soutiennent qu’il aurait été de tout à la fois : roi, dieu, seigneur, grand propriétaire, intouchable. On l’accusa de plusieurs méfaits, ce qui publiquement annulait tous ses bienfaits ; des cheveux oubliés en des lupanars crasseux le dénoncèrent sans merci, on sut comment ce demi-dieu égaré sur terre succomba souvent au plaisir des sensations que procurent le hammam et le jacuzzi, sans se soucier ou si peu, du galop périlleux de son rythme cardiaque. Coïts en tous genres furent sa drogue, luxe et luxure des besoins qu’il devait assouvir, assure-t-on ; il gagna très vite une réputation de collectionneur de vices, capable même d’en inventer, à tout moment. Si tel fut mon père, mon Dieu ! il y a de quoi rougir…ou se réjouir…qui sait ?
D’autres affirment qu’il eut pu s’agir d’un artisan peu fortuné, amoureux des arbres et habile orateur. Selon la légende il aurait perdu sa liberté au jeu et serait resté au service d’un homme hideux et cruel jusqu’au dernier jour, malgré une rébellion assassine toujours à l’affût. Sa paternité est peu probable, jamais mention d’une compagne ne fut faite, à la place on me parla d’un amant qui le suivit dans la tombe en se suicidant le même jour, à l’aide d’un poison mortel – comme à l’ancienne dirons les autres dans les siècles nouveaux.
Mais quels ne furent pas ma surprise et mon effroi, quand au fil de ces témoignages étranges, j’appris vox populi que j’avais été par mégarde son meurtrier ! Diantre ! le coupable de sa mort, c’était bien moi ! J’avais connu cet homme, ou quoi que ce fût…
Selon l’oracle, j’allais bientôt devoir me fustiger les yeux, et quitter pour toujours Nazareth, ma patrie. Horreur ! voici que ma femme se pend…à moins que ce ne soit …Marie !! est-ce bien toi ? Seigneur !

3 comentarios:

ivansan69@latinmail.com dijo...

Estimado Camille:
Qué bueno reencontrarte dentro de estas páginas. Encantado de tenerte con nosotros. Espero que esta relación sea tan próspera como fructífera.
Saludos.

carlesrull dijo...

¡Qué ingeniosa mezcla de mitos y tradiciones! Me encanta. Bienvenido, y mis más sinceras felicitaciones por tan gran pequeño relato.

R.P.M. dijo...

Bienvenido. Hay una voz fresca en medio de estas siete y parece que arranca con fuerza.